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Les interventions des différents participants (universitaires, chercheurs et acteurs locaux) ont surtout porté sur l'impact politique et économique de la régionalisation avancée, une fois adoptée, sur le développement local. Brahim Akdim, professeur de géographie à l'USMBA, a indiqué que les pratiques régionales héritées de l'époque coloniale ont contribué à la concentration de l'économie sur le littoral, notamment l'axe de Kenitra-Casablanca-El Jadida, au détriment des autres zones. «Et c'est ainsi que notre pays s'est divisé en Maroc utile et Maroc inutile», a-t-il précisé.
De fait, la région dans sa nouvelle conception est appelée à assumer son rôle de principal acteur de développement local et compétitivité territoriale et de création de richesses. Et là, l'objectif devrait être la création d'une économie nationale solidaire et intégrée.
L'économiste Driss Benali a mis l'accent, dans sa brillante intervention, sur «La région et problématique de déconcentration».
Pour lui, «le Maroc est toujours mineur, du fait de la tutelle imposée par l'Etat sur ses régions». D'où, selon lui, le besoin de se doter de pôles d'excellence ayant tous des accès sur la mer, car «la mondialisation, c'est l‘ouverture sur la mer ». Il a aussi parlé de l'importance de la création des centres régionaux d'investissement comme étant de véritables alternatives pouvant garantir de nouvelles vocations capables de pérenniser l'économie nationale naissante.
Driss Benali insiste également sur le fait que la régionalisation avancée ne peut réussir sans l'engagement des élites de chaque région, qui selon, lui, devraient participer à la déconcentration économique en investissant localement.
Ceci étant, une région équilibrée, c'est une région qui marie à la fois le fait politique, économique et culturel. De fait, le recensement des ressources s'avère nécessaire pour une redistribution des richesses, humaine, matérielle et financière équitable. C'est d'ailleurs l'une des problématiques auxquelles le découpage régional prévu devrait apporter des réponses selon bon nombre d'intervenants lors de ce colloque.
L'USMBA comprend 52.000 étudiants
Farissi Esserrhini, président de l'USMBA, a de son côté insisté, dans son speech à l'occasion, sur le rôle que peut jouer l'Université dans le cadre d'une régionalisation avancée. «Notre université comprend 52.000 étudiants.
Ce chiffre la classe à la tête des universités nationales et renforce la place de la ville de Fès, comme capitale spirituelle du Royaume, et première ville universitaire du Maroc», a-t-il précisé. «Nous misons sur nos étudiants, car nous sommes conscients que la vraie richesse, c'est celle de l'élément humain», a ajouté le président de l'USMBA. Pour lui, l'université est un catalyseur majeur et un acteur important de croissance régionale malgré sa faible interaction avec la région. Et qui se traduit par la sous-exploitation des compétences universitaires. Raison pour laquelle, Farissi Esserrhini insiste sur la mobilisation de tous les acteurs régionaux pour faire de l'Université un pôle d'excellence et faciliter sa contribution au développement local et régional de Fès-Boulemane.
«Cela devrait comprendre, entre autres, la mise en œuvre d'une stratégie de communication, de la promotion de l'approche de leadership et du management stratégique. Il est question aussi d'élargir la marge d'autonomie accordée à l'université, notamment par la garantie de la représentation de celle-ci dans différentes instances de décision (Collectivités locales, parlement régional…)», explique-t-il en ajoutant que c'est par la répudiation des mauvaises pratiques qu'il serait possible de servir l'intérêt régional, duquel émane l'intérêt national.
L'université ambitionne ainsi de participer davantage au décollage socio-économique local. Et ce, en répondant aux besoins de tous les plans de développement lancés au niveau de Fès-Boulemane dans différents secteurs (tourisme, artisanat, industrie, animation régional…) en termes de formation et de recherche. *Journaliste stagiaire
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